ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
ARTICLE ORIGINAL  
Connaissances, attitudes et pratiques des élèves de sexe féminin du lycée technique de  
Bangui sur les méthodes contraceptives modernes  
Knowledge, attitudes and practices of female students at the Bangui technical high  
school on modern contraceptive methods  
Germain Piamalé1,2*, Rodrigue Herman Doyama-woza1, Ghislain Romaric Zarambaud Bohy-Ngombet2,  
Emmanuel Fandéma1, Boris Thibaut Clavaire Songo-Ketté Gbékéré4, Gertrude Rose De Lima Kogboma Wongo  
Guerengbo3, Christelle Gina Lemotomo Niamathe1, Jean de Dieu Longo 1,2, Saint Calvaire Henri Diemer1,2.  
1Département de Santé Publique, Faculté des Sciences de la Santé, Université de Bangui, République  
Centrafricaine.  
2Ecole doctorale des sciences de la santé humaine et vétérinaire, Université de Bangui, République  
Centrafricaine.  
3Service de Gynécologie-Obstétrique, CHU Communautaire de Bangui  
4Service de Gynécologie-Obstétrique, CHU Amitié Sino-centrafricaine de Bangui  
Auteur correspondant : Piamalé Germain, Département de Santé Publique, Faculté des sciences de la Santé,  
Université de Bangui, RCA ; Tel : (+236) 75502341/72065607 ; Email : germain.piam@yahoo.fr  
Reçu le 07/02/2024 ; Accepté le 29/05/2024  
moderne reste souvent adoptée après une grossesse  
ou un avortement, ce qui limite son impact en  
RESUME  
Introduction : Malgré les progrès réalisés en  
matière de planification familiale, les grossesses  
précoces et non désirées demeurent fréquentes chez  
les adolescentes. En Centrafrique, les grossesses en  
milieu scolaire constituent un problème récurrent,  
matière  
de  
prévention.  
L’intégration d’une  
éducation sexuelle complète et structurée dans les  
établissements scolaires, associée au développement  
de services de santé adaptés aux jeunes, accessibles  
et non stigmatisants, apparaît essentielle pour  
favoriser une adoption précoce et durable des  
méthodes contraceptives modernes.  
Mots clés : Connaissances, attitudes, pratiques,  
contraception, élèves.  
ABSTRACT  
avec  
des  
conséquences  
notables  
sur  
la  
déscolarisation des jeunes filles. La présente étude a  
été menée afin d’évaluer les connaissances, attitudes  
et pratiques des élèves de sexe féminin du lycée  
technique de Bangui vis-à-vis des méthodes  
contraceptives modernes.  
Méthodes : Il s’agissait d’une étude transversale,  
allant du 1er au 30 Novembre 2023 au Lycée  
Technique de Bangui, ciblant les élèves de sexe  
féminin. Ont été incluses les élèves ayant accepté de  
participer à l’étude. Les données collectées sur une  
fiche d’enquête ont été analysées avec le logiciel  
SPSS version 20. Les résultats sont présentés sous  
forme narrative, de graphique et de tableau.  
Résultats : Au total, 140 élèves ont été incluses,  
dont l’âge moyen était de 19,27±1,6 ans, avec des  
extrêmes de 18 et 23 ans. La majorité (52,10 %) était  
en classe de terminale. Trois quarts (76,43 %) étaient  
célibataires, 60,08% avaient accouché au moins une  
fois et 12,10 % avaient provoqué au moins un  
avortement. Toutes les élèves connaissaient au  
moins une méthode contraceptive, dont les plus  
citées étaient les préservatifs masculins (35,16%) et  
la pilule (31,32%). La majorité d’entre elles (n=137,  
97,86%) était favorable à l’adoption d’une méthode  
contraceptive moderne. Parmi elles, 75,91%  
(n=104) utilisaient une méthode contraceptive.  
Conclusion : Malgré une bonne connaissance  
générale et une attitude favorable, la contraception  
Introduction: Despite progress in family planning,  
early and unwanted pregnancies remain common  
among adolescent girls. In the Central African  
Republic, pregnancies in schools are a recurring  
problem, with significant consequences for girls  
dropping out of school. This study was conducted to  
assess the knowledge, attitudes, and practices of  
female students at the Bangui Technical High  
School regarding modern contraceptive methods.  
Methods: This was  
a
cross-sectional study  
conducted from November 1 to 30, 2023 at the  
Technical High School of Bangui, targeting female  
students. Students who agreed to participate were  
included. Data collected using a survey form were  
analyzed with SPSS software version 20. Results are  
presented narratively, as graphs, and in tables.  
Results: A total of 140 students were included, with  
a mean age of 19.27 ± 1.6 years (range: 1823  
years). The majority (52.10%) were in their final  
year of high school. Three-quarters (76.43%) were  
single, 60.08% had given birth at least once, and  
12.10% had had at least one induced abortion. All  
students were aware of at least one contraceptive  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 18  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
method, the most commonly cited being male  
limits its impact on prevention. Integrating  
comprehensive and structured sex education into  
schools, combined with the development of youth-  
friendly, accessible, and non-stigmatizing health  
services, appears essential to promoting the early  
and sustained adoption of modern contraceptive  
methods.  
condoms (35.16%) and oral contraceptive pills  
(31.32%). Most participants (n = 137; 97.86%) were  
in favor of adopting a modern contraceptive method.  
Among them, 75.91% (n = 104) were using a  
contraceptive method.  
Conclusion: Despite good general knowledge and a  
favorable attitude, modern contraception is often  
only adopted after pregnancy or abortion, which  
Keywords:  
Knowledge,  
attitudes,  
practices,  
contraception, student.  
étude a été menée afin d’évaluer les connaissances,  
attitudes et pratiques des élèves de sexe féminin du  
lycée technique de Bangui vis-à-vis des méthodes  
contraceptives modernes, ainsi que les facteurs  
associés. Les résultats de cette étude visent à  
contribuer à une meilleure compréhension des  
comportements contraceptifs des adolescentes  
scolarisées et à fournir des éléments permettant  
d’orienter les politiques éducatives et sanitaires en  
matière de santé sexuelle et reproductive en milieu  
scolaire.  
INTRODUCTION  
La santé sexuelle et reproductive des adolescentes  
constitue un enjeu majeur de santé publique à  
l’échelle mondiale, en particulier dans les pays à  
revenu faible et intermédiaire. Malgré les progrès  
réalisés en matière de planification familiale, les  
grossesses précoces et non désirées demeurent  
fréquentes chez les adolescentes, exposant cette  
population à des risques accrus d’avortements à  
risque, d’infections sexuellement transmissibles et  
de  
complications  
obstétricales,  
avec  
des  
répercussions importantes sur la poursuite de la  
scolarité et l’avenir socioéconomique [1-4].  
L’utilisation des méthodes contraceptives modernes  
constitue un moyen efficace de prévention de ces  
événements indésirables [2,5]. En dépit de  
l’introduction de l’enseignement sur la santé  
sexuelle dans les programmes de formation, de  
nombreuses études ont montré que les connaissances  
des adolescentes restent souvent incomplètes, leurs  
attitudes influencées par des normes socioculturelles  
et leurs pratiques contraceptives limitées [5-7]. Les  
barrières à l’adoption de la contraception moderne  
incluent notamment l’insuffisance d’une éducation  
sexuelle complète, la peur des effets secondaires, la  
stigmatisation sociale et l’accès restreint à des  
services de santé adaptés aux adolescents [6,8].  
L’analyse des connaissances, attitudes et pratiques  
(CAP) apparaît ainsi essentielle pour comprendre les  
comportements dans le domaine de la santé de la  
reproduction de cette population. En Centrafrique  
(RCA), les données en rapport avec la santé de la  
reproduction restent préoccupantes, mettant en  
évidence une persistance des grossesses précoces et  
un recours encore limité à la contraception moderne,  
en particulier chez les adolescentes et les jeunes  
femmes [9]. La prévalence contraceptive moderne  
est restée faible, variant de 12% en 1995 à 14,4% en  
2018 avec un taux de 8,7% chez les jeunes filles de  
18 à 19 ans [9]. Le ratio de la mortalité maternelle  
est de 829 décès pour 100000 naissances vivantes et  
31,3% de ces décès maternels sont dus aux  
complications des avortements [9]. À Bangui, les  
grossesses en milieu scolaire constituent un  
problème récurrent, avec des conséquences notables  
sur la déscolarisation des jeunes filles. Cependant,  
les données spécifiques concernant les élèves  
scolarisées, notamment dans les établissements  
techniques, restent rares et insuffisamment  
documentées. C’est dans ce contexte que la présente  
METHODES  
Il s’agissait d’une étude transversale, allant du 1er au  
30 Novembre 2023 au Lycée Technique de Bangui.  
L’étude avait ciblé les élèves de sexe féminin dudit  
lycée. La liste de toutes les filles de la seconde à la  
terminale inscrites a constitué la base de sondage. La  
formule de Schwartz a été utilisée pour calculer la  
taille de l’échantillon. n=Zα2pq/i2 Où Zα=1,96 est  
l’écart réduit correspondant au risque α consenti  
(avec un seuil de signification=0,05) ; p=prévalence  
de l’utilisation de la contraception dans la  
population féminine de 18 à 19 ans, qui est de 8,7%  
[8] ; q=1-p =1-0,087 =0,913 ; n= taille de  
l’échantillon et i=précision (α=5%). La taille de  
l’échantillon calculée était de 122, majorée de 15%  
en prévision d’éventuels problèmes liés à la collecte  
des données. La taille finale de l’échantillon de notre  
cible était de 140 élèves. Un tirage au sort sans  
remise sur la base des numéros d’inscription a  
permis d’identifier les éléments de l’échantillon. Ont  
été incluses dans l’étude, toutes les élèves de sexe  
féminin de la base de sondage qui ont accepté de  
participer à l’étude. Les données collectées sur une  
fiche d’enquête ont été analysées avec le logiciel  
SPSS version 20. Les tests de Khi2 de Pearson et de  
Fisher ont été utilisés pour la comparaison des  
proportions des variables qualitatives. Les résultats  
sont présentés sous forme narrative, de graphique et  
de tableau. Les variables dépendantes étaient les  
niveaux de connaissances, les attitudes et les  
pratiques. Les connaissances ont été appréciées à  
travers la définition de la contraception, la  
connaissance des méthodes contraceptives, la  
connaissance des avantages, la connaissance des  
effets secondaires liés à certaines méthodes. Les  
attitudes ont été appréciées lorsque l’élève savait  
qu’elle doit utiliser un moyen de contraception pour  
se protéger, lorsque l’élève était favorable ou non à  
la contraception. Les pratiques étaient jugées  
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ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
lorsque l’élève sexuellement active utilise ou non  
une méthode contraceptive. Les variables  
Toutes les enquêtées (100 %) avaient déjà entendu  
parler de la planification familiale. Les sources  
d’information étaient l’école, dans 58 cas (41,43%),  
l’entourage, dans 28 cas (20,00%), les formations  
sanitaires, dans 24 cas (17,14%), les médias dans 19  
cas (13,57%) et les parents, dans 11 cas (7,86%).  
Connaissances sur les méthodes contraceptives  
indépendantes étaient l’âge, la classe fréquentée, la  
religion, la situation matrimoniale, le nombre de  
grossesses, le nombre d’avortement, la parité, le  
nombre d’enfants, les sources d’information sur le  
planning familial et les antécédents d’avortement.  
Pour des raisons éthiques, les contours de l’étude ont  
été expliqués aux concernées afin qu’elles répondent  
librement au questionnaire. Chaque élève enquêtée  
a eu l’assurance sur la confidentialité et l’anonymat  
des données collectées.  
modernes :  
Concernant  
les  
méthodes  
contraceptives, toutes les élèves en connaissaient au  
moins une, dont les plus citées étaient les  
préservatifs masculins, dans 35,16% des cas et la  
pilule dans 31,32% (tableau II).  
RESULTATS  
Caractéristiques  
gynéco-obstétricales des enquêtées  
Tableau  
II  
:
Répartition  
des  
méthodes  
sociodémographiques  
et  
contraceptives connues par les enquêtées  
Au total, 140 élèves de sexe féminin ont été inclues  
dans l’étude. L’âge moyen des enquêtées était de  
19,27 ± 1,6 ans, avec des extrêmes de 18 et 23 ans.  
Les élèves âgées de 18 ans représentaient 48,57 %  
de l’échantillon. Sur le plan scolaire, la majorité des  
élèves était en classe de terminale (52,10 %).  
Concernant la religion, les catholiques étaient les  
plus représentées (28,57%). Trois quart des  
enquêtées étaient célibataires (76,43 %). Sur le plan  
gynéco-obstétrical, 60,08% des élèves avaient  
accouché au moins une fois et 12,10 % avaient  
provoqué un avortement (tableau I).  
%
Méthode contraceptive Effectif  
Préservatif masculin  
Pilule  
64  
57  
35,16  
31,32  
Contraceptif injectable  
Implant  
31  
17  
17,04  
9,34  
7,14  
100  
Pilule du lendemain  
Total  
13  
182  
Attitudes et pratique des enquêtées vis-à-vis des  
méthodes contraceptives modernes  
La majorité des enquêtées, 137, soit 97,86% était  
favorable à l’adoption d’une méthode contraceptive  
moderne.  
Tableau I : Caractéristiques sociodémographiques  
et gynéco-obstétriques des enquêtées  
Parmi elles, 104, soit 75,91% utilisaient une  
méthode  
contraceptive.  
Les  
méthodes  
Caractéristiques  
sociodémographiques  
Age  
18 ans  
19 ans  
20 ans  
21 ans  
22 ans  
23 ans  
Niveau d'étude  
Seconde  
Première  
Terminale  
Religion  
Catholique  
Apostolique  
Protestante  
Musulmane  
Témoins de Jéhovah  
Adventiste  
Situation matrimoniale  
Célibataires  
Concubinage  
Mariée  
Effectif  
(N=140)  
%
contraceptives utilisées étaient le préservatif  
masculin, dans 37 cas, soit 35,58%, la pilule dans 33  
cas, soit 31,73%, les contraceptifs injectables dans  
18 cas, soit 17,31%, les implants dans pilules orales,  
17,03%, 9,34% des implants et 7,14% la pilule du  
lendemain dans 8 cas, soit 7,69%.  
Les professionnels de santé identifiés comme  
prescripteurs des contraceptifs modernes étaient  
plus souvent les sages-femmes, dans 57 cas, soit  
54,81%), suivies des gynécologues-obstétriciens,  
dans 28 cas, soit 26,92%, les médecins généralistes,  
dans 11 cas, soit 10,58% et les infirmiers dans 8 cas,  
soit 7,69%.  
68  
25  
18  
7
14  
8
48,57  
17,86  
12,86  
5,00  
10,00  
5,71  
39  
28  
73  
27,90  
20,00  
52,10  
40  
27  
25  
25  
14  
9
28,57  
19,29  
17,86  
17,86  
10,00  
6,43  
En ce qui concerne les lieux d’approvisionnement en  
produits  
procuraient dans les formations sanitaires dans 73  
cas, soit 70,19% et dans les officines  
pharmaceutiques dans 31 cas, soit 29,81%.  
Quant au bénéfice de la planification familiale la  
prévention de la survenue d’une grossesse a été citée  
par toutes les utilisatrices. La prévention des  
infections sexuellement transmissibles (IST) a été  
citée par 23 utilisatrices, soit 22,12%.  
Les utilisatrices ont évoqué les effets secondaires  
des contraceptifs modernes dans 87 cas, soit  
84,62%. L’effet secondaire le plus cité était la  
perturbation du cycle menstruel et les saignements  
(49,43 %) (tableau III).  
contraceptifs,  
les  
enquêtées  
s’en  
107  
22  
11  
76,43  
15,71  
7,86  
Accouchement antérieur  
Nullipares  
Paucipares  
Multipares  
Antécédent d’avortement provoqué  
Oui  
55  
81  
4
39,20  
57,90  
2,90  
17  
123  
12,10  
87,90  
Non  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 20  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
Tableau III : Répartition des utilisatrices selon les  
effets secondaires.  
Connaissances sur les méthodes contraceptives  
modernes  
Toutes les enquêtées (100%) avaient déjà entendu  
parler de la planification familiale, témoignant d’une  
large diffusion de l’information. L’école constituait  
la principale source d’information (41,43%), suivie  
de l’entourage (20,00%), ce qui souligne le rôle  
central mais encore perfectible du cadre scolaire  
dans l’éducation sexuelle.  
Concernant les méthodes connues, les élèves avaient  
cité principalement le préservatif masculin  
(35,16%), la pilule orale (31,32%) et la  
Effets secondaires des contraceptifs  
Saignement et/ou trouble du cycle menstruel  
Prise de poids  
Effectif  
43  
%
41,35  
16,35  
13,46  
9,61  
17  
Insatisfaction lors des rapports sexuels  
Infertilité  
14  
10  
Maux de tête  
3
2,88  
Aucun effet secondaire  
Total  
17  
16,35  
100,00  
104  
contraception  
injectable  
(17,02%).  
Cette  
hiérarchisation confirme certaines études africaines  
où le préservatif arrive souvent en première position,  
probablement en raison de la forte intégration des  
messages sur le VIH/SIDA [13-20]. Toutefois,  
parmi les effets bénéfiques de la contraception, la  
prévention des IST, dont le VIH par 22,12%.  
Plusieurs méthodes contraceptives n’étaient pas  
connues, notamment le préservatif féminin, le  
dispositif intra-utérin.  
Des 36 autres qui n’utilisaient pas de méthode  
contraceptive, il y avait 34 élèves de 18 à 20 ans sur  
111, soit 30,36%, 33 célibataires sur 107, soit  
30,84%, 29 enquêtées qui avaient déjà accouché au  
moins 1 fois sur 85, soit 34,12% et 10 qui ont un  
antécédent d’IVG sur 17, soit 58,82%. Les  
proportions étaient statistiquement significatives  
pour ces paramètres (tableau IV).  
Attitudes vis-à-vis de la contraception moderne  
L’étude a révélé une attitude favorable envers la  
contraception moderne, avec 97,86% des enquêtées  
se déclarant favorables à son adoption. Ce résultat  
est supérieur à ceux rapportés dans plusieurs études  
similaires en Afrique centrale [21], traduisant une  
évolution positive des perceptions chez les  
adolescentes scolarisées. Cependant, cette attitude  
favorable chez presque toutes les enquêtées ne  
s’était traduit par une pratique effective que dans  
75,91%, confirmant l’existence d’un décalage  
classique entre attitudes et comportements,  
fréquemment décrit dans les études CAP [22].  
Les méthodes contraceptives modernes les plus  
utilisées étaient le préservatif masculin, les pilules  
orales et les contraceptifs injectables, tandis que  
l’utilisation des implants restait marginale. Cette  
faible adoption des méthodes de longue durée est  
largement rapportée chez les adolescentes, en raison  
de leur caractère invasif, des mythes associés et du  
besoin d’une intervention médicale spécialisée [15,  
17-20]. Les méthodes peu connues par les enquêtées  
n’étaient pas utilisées, précisément le préservatif  
féminin et le dispositif intra-utérin.  
Tableau IV : Répartition des enquêtées selon les  
caractéristiques  
sociodémographiques,  
les  
antécédents gynéco-obstétricaux et la pratique de  
des méthodes contraceptives modernes  
Utilisation d’une méthode  
Caractéristiques  
contraceptive  
sociodémographiques et  
gynéco-obstétriques  
Non  
n (%)  
Oui  
n (%)  
p-value  
Tranche d'âge  
18-20 ans  
34 (30,63) 77 (69,37)  
2 (6,90) 27 (93,10)  
0,0083  
21-23 ans  
Statut matrimonial  
Célibataire  
33 (30,83) 74 (69,16)  
3 (9,10) 30 (90,90)  
0,012  
0,005  
0,002  
Vie en couple  
Accouchement antérieur  
Accouchée au moins 1 fois 29 (34,12) 56 (65,88)  
Jamais accouchée 7 (12,73) 48 (87,27)  
Antécédent d'avortement provoqué  
Oui  
10 (58,82) 7 (41,18)  
26 (21,14) 97 (78,86)  
Non  
DISCUSSION  
La présente étude a analysé les connaissances,  
attitudes et pratiques (CAP) des filles du lycée  
technique de Bangui par rapport aux méthodes  
contraceptives modernes.  
Parmi les prestataires qui offrent le service de  
distribution des méthodes contraceptives, les sages-  
femmes étaient les plus accessibles. Disposer d’un  
centre réservé aux jeunes où exercent les sages-  
femmes contribuerait à augmenter la prévalence  
contraceptive dans ce groupe.  
Caractéristiques  
sociodémographiques  
et  
gynéco-obstétricales des enquêtées  
L’âge moyen des enquêtées était de 19,27 ± 1,6 ans.  
Cette moyenne d’âge est comparable à celle  
rapportée par Traoré et al [10].  
Bien que 76,43% des enquêtées soient célibataires,  
60,80% avaient déjà accouché au moins une fois et  
12,10% ont reconnu avoir un antécédent  
d’interruption volontaire de grossesse. Ce résultat à  
ceux des études antérieures qui ont trouvé une entrée  
précoce des filles dans la vie sexuelle [11,12].  
Les  
sites  
d’approvisionnement  
en  
produits  
contraceptifs étaient essentiellement les formations  
sanitaires [23].  
La prévention de la grossesse non planifiée était  
l’effet bénéfique citée par toutes les utilisatrices.  
Dans 84,62% des cas, les utilisatrices des méthodes  
contraceptives modernes ont cité des effets  
secondaires dont le plus fréquent était la  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 21  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
perturbation du cycle ou les saignements anormaux.  
for adolescents in low- and middle-income  
countries. Reprod Health. 2014;11:1.  
7. Blanc AK, Tsui AO, Croft TN, Trevitt JL.  
Ces effets secondaires décrits par plusieurs auteurs  
constituent souvent un frein à l’adoption ou à la  
poursuite de la contraception moderne [10,  
13,14,16].  
L’analyse statistique avait montré que l’utilisation  
d’une méthode contraceptive était significativement  
associée à plusieurs facteurs : l’âge (p = 0,0088), le  
Patterns  
and  
trends  
in  
adolescents’  
contraceptive use and discontinuation in  
developing countries. Stud Fam Plann.  
2009;40(2):8798.  
8. Organisation mondiale de la Santé. Normes  
relatives aux services de santé adaptés aux  
adolescents. Genève : OMS ; 2012.  
9. Institut Centrafricain des Statistiques et des  
Études Économiques et Sociales (ICASEES),  
ICF. Enquête Démographique et de Santé –  
République Centrafricaine. Bangui et Rockville  
;2019.  
statut matrimonial (p  
=
0,012), l’expérience  
d’accouchement antérieur ou non (p = 0,005) et  
l’antécédent d’interruption volontaire de grossesse  
(p = 0,002). Ces associations suggèrent que la  
pratique contraceptive est fortement influencée par  
l’expérience reproductive et la situation familiale,  
plutôt que par la seule connaissance ou l’attitude.  
Les élèves ayant déjà accouchées ou ayant connues  
une grossesse interrompue étaient celles qui  
n’avaient pas utilisé une méthode contraceptive.  
C’est de ce fait que la non utilisation des méthodes  
contraceptives étaient significativement liée à l’âge  
compris entre 18 et 20 ans, le célibat, l’expérience  
d’un accouchement antérieur et l’antécédent d’un  
avortement provoqué.  
10. Traoré T, Sylla C, Sidibé K, Traoré B, Guido S,  
Coulbaly  
A
et  
al.  
Contraception :  
Connaissances, Attitudes et Pratiques en Milieu  
Scolaire dans la Commune Urbaine de Ségou.  
Health Sci. Dis 2020;21(11):23-57  
11. Nguélébé EO. Caractéristiques des ménages et  
des  
personnes  
enquêtées.  
Enquête  
Démographique et de Santé en République  
Centrafricaine (EDS/RCA) : 1994-1995 : 13-  
38.  
CONCLUSION  
Les résultats de cette étude mettent en évidence la  
nécessité de renforcer les stratégies préventives en  
santé sexuelle et reproductive chez les adolescentes  
scolarisées. Malgré une bonne connaissance  
générale et une attitude favorable, la contraception  
moderne reste souvent adoptée après une grossesse  
ou un avortement, ce qui limite son impact en  
12. Sépou A., Yanza M.C., Domandé-Modanga Z.,  
Nguémbi E. Paramètres sexuels chez les  
femmes centrafricaines en milieu urbain. Med.  
Afr. Noire, 2002 : 87-91.  
13. Touré OD, Guindo B, Albachar H, Barry A,  
Dembele A, Monekata et al. Connaissances,  
Attitudes et Pratiques des Adolescentes  
Relatives à la Contraception en Milieu Scolaire  
dans la Commune V du District de Bamako.  
Health Sci. Dis 2023;24(4):77-81.  
14. Kara W K., Benedicto M, Mao J. Knowledge,  
Attitude, and Practice of Contraception  
Methods Among Female Undergraduates in  
Dodoma, Tanzania. Cureus 2019;11(4):43-62  
15. Dramé L, Kolié D, Sidibé S, Yombouno J F,  
Delamou A. Facteurs associés à l’utilisation des  
méthodes contraceptives chez les jeunes filles  
élèves en milieu rural guinéen. Santé  
publique 2023;24(6):129-140.  
matière  
de  
prévention.  
L’intégration d’une  
éducation sexuelle complète et structurée dans les  
établissements scolaires, associée au développement  
de services de santé adaptés aux jeunes, accessibles  
et non stigmatisants, apparaît essentielle pour  
favoriser une adoption précoce et durable des  
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21. Dieudonné Mpunga Mukendi, Faustin Chenge  
Mukalenge, Mapatano Mala Ali, Thérèse  
Conflit d’intérêt : aucun  
Remerciements : Nos sincères remerciements vont au corps enseignant et aux élèves du Lycée Technique de  
Bangui.  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 23