ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
method, the most commonly cited being male
limits its impact on prevention. Integrating
comprehensive and structured sex education into
schools, combined with the development of youth-
friendly, accessible, and non-stigmatizing health
services, appears essential to promoting the early
and sustained adoption of modern contraceptive
methods.
condoms (35.16%) and oral contraceptive pills
(31.32%). Most participants (n = 137; 97.86%) were
in favor of adopting a modern contraceptive method.
Among them, 75.91% (n = 104) were using a
contraceptive method.
Conclusion: Despite good general knowledge and a
favorable attitude, modern contraception is often
only adopted after pregnancy or abortion, which
Keywords:
Knowledge,
attitudes,
practices,
contraception, student.
étude a été menée afin d’évaluer les connaissances,
attitudes et pratiques des élèves de sexe féminin du
lycée technique de Bangui vis-à-vis des méthodes
contraceptives modernes, ainsi que les facteurs
associés. Les résultats de cette étude visent à
contribuer à une meilleure compréhension des
comportements contraceptifs des adolescentes
scolarisées et à fournir des éléments permettant
d’orienter les politiques éducatives et sanitaires en
matière de santé sexuelle et reproductive en milieu
scolaire.
INTRODUCTION
La santé sexuelle et reproductive des adolescentes
constitue un enjeu majeur de santé publique à
l’échelle mondiale, en particulier dans les pays à
revenu faible et intermédiaire. Malgré les progrès
réalisés en matière de planification familiale, les
grossesses précoces et non désirées demeurent
fréquentes chez les adolescentes, exposant cette
population à des risques accrus d’avortements à
risque, d’infections sexuellement transmissibles et
de
complications
obstétricales,
avec
des
répercussions importantes sur la poursuite de la
scolarité et l’avenir socioéconomique [1-4].
L’utilisation des méthodes contraceptives modernes
constitue un moyen efficace de prévention de ces
événements indésirables [2,5]. En dépit de
l’introduction de l’enseignement sur la santé
sexuelle dans les programmes de formation, de
nombreuses études ont montré que les connaissances
des adolescentes restent souvent incomplètes, leurs
attitudes influencées par des normes socioculturelles
et leurs pratiques contraceptives limitées [5-7]. Les
barrières à l’adoption de la contraception moderne
incluent notamment l’insuffisance d’une éducation
sexuelle complète, la peur des effets secondaires, la
stigmatisation sociale et l’accès restreint à des
services de santé adaptés aux adolescents [6,8].
L’analyse des connaissances, attitudes et pratiques
(CAP) apparaît ainsi essentielle pour comprendre les
comportements dans le domaine de la santé de la
reproduction de cette population. En Centrafrique
(RCA), les données en rapport avec la santé de la
reproduction restent préoccupantes, mettant en
évidence une persistance des grossesses précoces et
un recours encore limité à la contraception moderne,
en particulier chez les adolescentes et les jeunes
femmes [9]. La prévalence contraceptive moderne
est restée faible, variant de 12% en 1995 à 14,4% en
2018 avec un taux de 8,7% chez les jeunes filles de
18 à 19 ans [9]. Le ratio de la mortalité maternelle
est de 829 décès pour 100000 naissances vivantes et
31,3% de ces décès maternels sont dus aux
complications des avortements [9]. À Bangui, les
grossesses en milieu scolaire constituent un
problème récurrent, avec des conséquences notables
sur la déscolarisation des jeunes filles. Cependant,
les données spécifiques concernant les élèves
scolarisées, notamment dans les établissements
techniques, restent rares et insuffisamment
documentées. C’est dans ce contexte que la présente
METHODES
Il s’agissait d’une étude transversale, allant du 1er au
30 Novembre 2023 au Lycée Technique de Bangui.
L’étude avait ciblé les élèves de sexe féminin dudit
lycée. La liste de toutes les filles de la seconde à la
terminale inscrites a constitué la base de sondage. La
formule de Schwartz a été utilisée pour calculer la
taille de l’échantillon. n=Zα2pq/i2 Où Zα=1,96 est
l’écart réduit correspondant au risque α consenti
(avec un seuil de signification=0,05) ; p=prévalence
de l’utilisation de la contraception dans la
population féminine de 18 à 19 ans, qui est de 8,7%
[8] ; q=1-p =1-0,087 =0,913 ; n= taille de
l’échantillon et i=précision (α=5%). La taille de
l’échantillon calculée était de 122, majorée de 15%
en prévision d’éventuels problèmes liés à la collecte
des données. La taille finale de l’échantillon de notre
cible était de 140 élèves. Un tirage au sort sans
remise sur la base des numéros d’inscription a
permis d’identifier les éléments de l’échantillon. Ont
été incluses dans l’étude, toutes les élèves de sexe
féminin de la base de sondage qui ont accepté de
participer à l’étude. Les données collectées sur une
fiche d’enquête ont été analysées avec le logiciel
SPSS version 20. Les tests de Khi2 de Pearson et de
Fisher ont été utilisés pour la comparaison des
proportions des variables qualitatives. Les résultats
sont présentés sous forme narrative, de graphique et
de tableau. Les variables dépendantes étaient les
niveaux de connaissances, les attitudes et les
pratiques. Les connaissances ont été appréciées à
travers la définition de la contraception, la
connaissance des méthodes contraceptives, la
connaissance des avantages, la connaissance des
effets secondaires liés à certaines méthodes. Les
attitudes ont été appréciées lorsque l’élève savait
qu’elle doit utiliser un moyen de contraception pour
se protéger, lorsque l’élève était favorable ou non à
la contraception. Les pratiques étaient jugées
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 19